L'employabilité des diplômé.e.s du programme ICEC : une étude participative
Nos réalisations et innovations

Pour de nombreux adultes autistes ou ayant une déficience intellectuelle, accéder à un emploi valorisant reste un défi majeur. Selon Inclusion Canada (2020), seulement 25 % d’entre eux participent au marché du travail, et ce, malgré des compétences, des talents et des aspirations bien réels. C’est à partir de ce constat, et de la volonté de changer cette réalité, qu’est né le projet « L’employabilité des personnes diplômées du programme d’Intégration communautaire par l’éducation coopérative (ICEC) ».
Mené par Josée Boulanger, Chantal Bois et Karine Sauvé, chercheuses au HUMAlab, et financé par l’Agence fédérale de développement économique pour le Sud de l’Ontario (FedDev Ontario), ce projet visait à améliorer l’employabilité des personnes diplômées du programme ICEC en plaçant leurs voix au cœur de la recherche. La démarche s’est appuyée sur une approche participative, croisant les perspectives des personnes diplômées, de leurs proches, des membres de l’équipe du programme ICEC, des conseiller.ère.s en emploi et des employeurs.
Crédit Photo : Getty Images
L’étude met notamment en lumière un obstacle majeur : la peur de l’inconnu et les préjugés encore présents chez plusieurs employeurs. Face à cette réalité, la recherche recommande de mieux sensibiliser et outiller les employeurs et les superviseurs afin qu’ils développent leur confiance face aux situations de handicap et contribuent à déconstruire les stéréotypes liés à l’autisme et à la déficience intellectuelle.
Les difficultés à trouver un emploi après la fin des études ont également un impact important sur le bien-être des personnes diplômées. Plusieurs témoignages font état du stress et de l’inquiétude générés par l’incertitude professionnelle. Certains évoquent le sentiment d’être mis à l’écart lorsque leurs pairs entrent sur le marché du travail, tandis que d’autres soulignent l’anxiété associée à l’attente et à l’absence d’activités valorisantes. L’inquiétude face à l’avenir est omniprésente et souligne l’importance d’un accompagnement soutenu à la transition vers l’emploi.
Parmi les pistes de solution mises de l’avant, l’étude souligne l’importance de multiplier les opportunités de stage. Dès la formation, les personnes étudiantes du programme ICEC ont souvent accès à moins d’expériences professionnelles et cumulent moins d’heures de stage que celles d’autres programmes collégiaux. Augmenter ces occasions permettrait de renforcer le développement des compétences, la confiance en soi et la préparation à l’emploi, tout en favorisant des contacts concrets avec les milieux de travail.
Afin de contribuer à l’employabilité, le projet a également mené à l’adoption d’une recommandation visant le développement de portfolios multimédias pour chaque personne étudiante du programme ICEC. Ces portfolios permettront de mettre en valeur les expériences, les forces et les compétences des personnes étudiantes, tout en facilitant la communication avec des milieux de stage et d’emploi potentiels. Par ailleurs, le projet a donné lieu à la création d’outils concrets pour mieux outiller les personnes étudiantes et leurs familles, dont un répertoire de ressources en employabilité et en éducation postsecondaire inclusive intitulé L'employabilité pour tous et toutes! ICEC.
En somme, cette recherche confirme que l’inclusion en emploi repose avant tout sur l’ouverture d’esprit et la flexibilité des milieux de travail. Comme le souligne la chercheuse principale du projet, Josée Boulanger : « Les personnes étudiantes et diplômées du programme ICEC ont beaucoup à offrir. À nous de faire notre part pour rendre nos milieux de travail plus ouverts et inclusifs pour tout le monde. »
À la suite de ces résultats prometteurs, un nouveau projet a vu le jour : « Compétences pour réussir pour mieux inclure les personnes en situation de handicap », financé par le Gouvernement du Canada. Cette initiative vise à mieux comprendre les réalités des personnes francophones vivant avec un handicap invisible, qu’il s’agisse de neurodivergence, de santé mentale, de TDAH, de troubles d’apprentissage ou du langage, d’autisme, et à transformer les pratiques d’accompagnement et d’embauche. Les résultats de ce projet, attendus en 2027, contribueront à faire évoluer les milieux de travail vers une inclusion plus concrète, équitable et durable.
